Aquarica de François Schuiten et Benoît Sokal

baleine dans la Baie de Sept-Îles

Une fabrique d’huile de baleine dans la Baie de Sept-Îles (Norvège), vers 1910 (©wikimédia).

Rien que la lecture du nom des auteurs sur la couverture et c’est déjà la promesse d’un chef d’œuvre. Pensez donc ! Découvrir Benoît Sokal et François SchuitenL’inspecteur Canardo et Les Cités Obscures de l’architecte. Que de souvenirs ! Que de promesses !

Et dès la première page, la magie opère. Aquarica, c’est un style très classique, avec des encres très travaillées, empruntant aux racines de plusieurs genres. L’histoire se déroule lentement, ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur car c’est une histoire prenante. Les embruns laissent un goût salé sur les lèvres, les cheveux fouettent le visage. On pense au romantisme, au fantastique, mais très vite, une dimension environnementale nous oblige à bifurquer vers le conte. Arrive un inspecteur. Serait-ce donc plus simplement un récit policier ? De même, on pense tout d’abord à Melville et sa baleine blanche. Faute de capitaine Achab, c’est Jules Verne qui s’impose. Mais les récits de voyages de Jack London sont une autre référence possible… Vous l’avez compris, c’est une bande dessinée très multiforme, ce qui est très loin d’être désagréable.

Nous sommes donc à Roodhaven, en 1930. C’est un ancien port baleinier, sur le déclin depuis que la chasse aux cétacés est interdite. Et un matin, un crabe gigantesque s’échoue. Hallucination due à l’alcoolisme ? Monstre surgit des entrailles de la mer ?

Finalement, plus on avance dans le récit, plus on découvre que les personnages sont stéréotypés, l’aventure un brin conventionnelle. Un peu de déception donc. Alors, on gratouille un peu, sur l’internet. Et l’on apprend que ce projet est né d’abord pour devenir un jeu vidéo. Que c’est l’abandon du jeu qui signe la naissance de la bd, en attendant un éventuel film d’animation. Et l’on comprend pourquoi les personnages sont si falots, pourquoi l’histoire emprunte à tant de genre sans vraiment en choisir un. Des archétypes.

Cela étant, le scénario est très efficace, remarquablement construit et les rebondissements arrivent au bon moment. On passe donc un très agréable moment avec ces marins saouls, l’inspecteur de police et le jeune savant naïf et impétueux. Et en prime, une belle héroïne et son lourd secret, mais, Chut ! Je garde la surprise !

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2 réflexions sur “Aquarica de François Schuiten et Benoît Sokal

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